Parole de Dieu dans des vases vincentiens 5ème Dimanche de Pâques. Année A "Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez". L'amour de Dieu est toujours au travail. Parler de la vie devient un langage quotidien, ce que nous touchons même inconsciemment à chaque instant, ce que nous souhaitons vivre en plénitude sans fin pour nous et tous ceux que nous aimons. Cependant, c'est une réalité fragile, qui nous échappe comme l'eau dans nos mains, ainsi que nous le vivons chaque jour dans notre monde convulsif et agressif. Les Mass-medias ne nous montrent que notre monde changé en grand cimetière où le don de la vie devient de plus en plus fragile. Malgré cette note pessimiste, la liturgie qui nous ouvre les portes de la célébration du Mystère Pascal pendant la Semaine Sainte devient malgré tout un chant à la VIE, nous demandant de ne pas laisser mourir l'espérance dans tous ces signes de mort et de souffrance. Entrons ainsi dans la célébration de ce dimanche de Carême. L'hymne à la VIE que proclame la Parole de Dieu: Il y a deux sépulcres dont nous parlent les lectures d'aujourd'hui: celui de l'esclavage et celui de la mort physique de Lazare, l'ami de Jésus. Deux sépulcres, mais la même perte d'espérance pour les exilés en Babylone que pour les soeurs de Lazare à Béthanie. Les uns et les autres laissant peut-être cependant fleurir la petite espérance que Dieu aurait pitié de leur souffrance. Dans Ezékiel, l'initiative venant de Dieu prend la première place: "Je vais ouvrir vos tombeaux". Dans le texte de Jean, Jésus semble répondre au message que les soeurs de Lazare lui ont envoyé. La démarche de la part de Dieu ne change pas. Invité ou mû dans son coeur paternel, il semble "se mettre en marche... en portant la vie, là où la mort a laissé grandir la souffrance et la désespérance". Dans le texte d'Ezékiel, tout un peuple est porteur de douleur, leur exil semble un tombeau obscur qui a fait surgir des questions: si "Dieu vraiment les aimait et tenait compte de leurs difficultés". Dans le texte de Jean, une famille qui n'est que la grande famille humaine,attend un geste, avec un petit reproche: "Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort". La vie, on ne la laisse pas partir facilement, car la mort sera toujours une rupture qui semble briser les désirs de bonheur de notre existence. Coupure pour laquelle personne ne se sent préparé, mais qu'il faut accepter comme élément du chemin, pour pouvoir avoir le courage de vivre. Le peuple ressuscité selon les paroles d'Ezékiel, grandira en profondeur et en attachement à Dieu comme il est possible que la famille de Béthanie ait resserré ses liens avec Jésus. Voilà la réponse que Dieu semble donner au peuple et aux amis de Béthanie. Il est là, car il est LE VIVANT comme Pâques nous invitera à le chanter avec foi et espérance pour la route. Le regard de notre charisme: Le regard de St. Vincent était toujours très attentif à la tendresse et la miséricorde de Jésus à l'égard de ceux qui avaient besoin de lui. Dans certaines de ses interventions pour orienter les missionnaires, il souligne cette dimension du coeur de Jésus. Ce sont des réflexions qui nous aident à connaître ce qui habitait le coeur de notre Fondateur et qu'il souhaitait que ce fut aussi notre façon d'agir. "Le Fils de Dieu, ne pouvant avoir des sentiments de compassion dans l'état de sa gloire, qu'il possède de toute éternité dans le ciel, a voulu se faire homme et se rendre notre pontife, pour compatir à nos misères.(He 5,2)". Ah! Que le Fils de Dieu était tendre, bien éloigné de ceux qui n'ont aucun sentiment de la douleur des affligés, ni de la souffrance des pauvres. On l'appelle pour voir le Lazare; il y va; la Madeleine se lève et vient au devant en pleurant; les juifs la suivent, qui pleurent aussi; chacun se met à pleurer. Que fait Notre Seigneur? Il pleure avec eux, tant il est tendre et compatissant. C'est cette tendresse qui l'a fait venir du ciel; il voyait les hommes privés de sa gloire; il fut touché de leur malheur. Nous devons de même nous attendrir sur notre prochain affligé et prendre part à sa peine". (Conférence du 30 Mai 1659, " Sur la charité") |